Elisabeth et son jardin allemand, E. von Arnim - Les Lectures de Mirandoline

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Elisabeth von Arnim : Elisabeth et son jardin allemand


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Voici d'abord tous les titres des ouvrages d'Elisabeth von Arnim, écrivain de la fin du XIXème siècle, vivant en Poméranie.
  
            "En caravane", cela se passe dans l'île de Rügen, au nord de l'Allemagne. Nous y avons été il y a cinq ans. J'ai pu y revivre tout son périple.

            "L'été solitaire", une suite de « Elisabeth et son jardin allemand ».


            "Mr. Skeffington"

             "Avril enchanté"

             "Véra"
 
            "Christopher et Columbus"
 
            "Tous les chiens de ma vie"
 
             "Love"
 
Revenons à "Elisabeth et son jardin allemand".
 
Elisabeth Von Arnim, d’origine anglaise, a épousé un aristocrate allemand, Von Arnim, (un cousin du poëte Achim Von Arnim, lui-même époux de Bettina Brentano Von Arnim, l’une des nombreuses amies de Goethe).

L’époux d’Elisabeth, le comte von Arnim possédait de vastes domaines en Prusse orientale, une région qui sombrera dans les ténèbres de la deuxième guerre mondiale.
 
Pour l’instant, nous sommes à la fin du XIXe siècle, Elisabeth n’a qu’un désir : vivre tranquillement avec ses trois petites filles (le Bébé d’avril, le Bébé de mai, le Bébé de juin… nous n’en saurons pas plus) dans la campagne merveilleuse de son domaine sauvage et romantique de la Poméranie. Elle a quitté quelques années auparavant la « grise et lugubre Angleterre ». Les nurses anglaise et allemande s’occuperont des Bébés, alors qu’elle se donnera corps et âme à son jardin, qu’elle désirera à tout prix transformer en un oasis de mille fleurs multicolores et odorantes.
 
A cette époque, se pencher sur la terre et planter ses bulbes de lys, ses roses « Marie van Houtte » ou ses plates-bandes de résédas n’est pas digne d’une grande dame.

« Il m’est arrivé un beau dimanche d’avril dernier, durant le repas des domestiques, de me glisser hors de la maison, armée d’une pelle et d’un râteau,  et de bêcher fiévreusement un petit carré de terre afin d’y planter quelques volubilis avant de revenir en toute hâte m’effondrer sur une chaise, rouge et confuse, et me cacher derrière un livre pour préserver ma réputation d’honnête femme. […] Quel bonheur de vivre en ce jardin avec mes livres, mes bébés, mes oiseaux, et tout le temps d’en jouir ! » (p. 42)
 
On se lasserait vite d’un manuel de botanique classique.

Mais ce petit journal est truffé de pensées mordantes lancées avec un air très distingué comme ne peut le faire qu’une Anglaise.

Totalement dépourvue du qu’en dira-t-on, à l’époque où l’opinion du « monde » importe beaucoup, elle évolue libre et insouciante, égoïste même envers son entourage. Elle raconte les quelques semaines d’hospitalité obligée envers deux dames qui viennent troubler son existence tranquille de femme heureuse dans sa campagne perdue.
 
En ce début de l’émancipation de la femme, Elisabeth se retrouve prise entre deux forces : la liberté qui lui est octroyée par un époux compréhensif mais ironique « l’Homme de Colère », et la soumission envers lui, car c’est grâce à lui qu’elle peut vivre libre et heureuse dans le vaste domaine « Schloss von Nassenheide ».

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